cagibi.com

carnet de notes + atelier // christophe antiphon

[29] la liberté comme vocation

« Je dirais que la plupart des expériences biographiques sont de ce type. La plupart du temps, nous allons là où le monde social nous aurait envoyés de toutes façons, mais nous y allons contents. C’est ce qu’on appelle la vocation. Il y a évidemment des exceptions, et elles sont très importantes : il suffit qu’il y en ait une seule pour que cela change tout – et c’est la liberté. » Pierre Bourdieu

[28] Les vivants…

« Les vivants… Mais qui peut encore se parer de ce nom merveilleux à cette heure ? Quand tout est précaire et que, comme un rien, d’un vivant l’on te fabrique un mort. »
Aragon, Les cloches de Bâle.

[27] 25 juillet 1914

"Quoi qu'il en soit, citoyens, et je dis ces choses avec une sorte de désespoir, il n'y a plus, au moment où nous sommes menacés de meurtre et de sauvagerie, qu'une chance pour le maintien de la paix et le salut de la civilisation, c'est que le prolétariat rassemble toutes ses forces qui comptent un grand nombre de frères, Français, Allemands, Italiens, Russes, et que nous demandions à ces milliers d'hommes de s'unir pour que le battement unanime de leurs cœurs écarte l'horrible cauchemar."

Discours de Jean Jaurès (extrait)

Micromonde

image

hum hum !

“Les mots que l’on n’a pas dits sont les fleurs du silence.”

Proverbe japonais

 

“Le mensonge donne des fleurs mais pas de fruits.”

Proverbe africain

liste en vrac

  1. Pour sauver les abeilles
  2. Contre la spéculation
  3. Pour le local (la rue/la commune)
  4. Pour un revenu minimum pour tous
  5. Pour un partage du travail
  6. Pour une nouvelle République
  7. Pour une déprofessionnalisation de la politique
  8. Pour une refondation de l’Europe sur une base sociale et démocratique
  9. Pour une remise en question du vote comme seule expression démocratique
  10. Contre le nucléaire
  11. Pour les monnaies alternatives
  12. Pour limiter les écarts entre les salaires dans les entreprises

[26] Aragon

Daniel Bougnoux, Aragon, la confusion des genres (Gallimard)

(Chapitre censuré.)

Pour ne pas oublier Castille

Dans les beaux quartiers de Paris, l’automne pluvieux disperse l’or des parcs et presse aux épaules les passants. À l’étage d’un hôtel particulier aux pavés usés sous les roues des carrosses, on ferme les volets d’un appartement composé comme un double cœur, volière de vers et de chansons, galion gorgé d’éditions rares et d’objets curieux, aquarelles d’un siècle englouti. Appelons le maître des lieux Castille. Le flot des visiteurs a cessé depuis qu’au fond de cette grotte le magicien agonise. Ni les cartes postales reçues du bout du monde qu’il mêlait à des lambeaux d’affiches ou de journaux pour les arranger en fresque, ni l’amitié des peintres qui décorent diversement ses murs, ni l’hommage officiel des princes ou les chuchotements de ceux qui viennent encore aux nouvelles ne retiendront Castille de partir. Le vieux roi qui voudrait tant mourir, et n’y arrive pas.

Scellée depuis douze années, la porte de l’autre chambre n’ouvre plus sur « l’avenir de l’homme ». Nul ne pénètre dans le sanctuaire où il a dressé Ses portraits, Ses romans, Ses toilettes – à Elle. Il a fait de ce reposoir un mythe, et du reste de l’appartement sa tanière. A force de manipuler l’amour, il en semblait irradié. Sonbel canto avait vicié Castille ; mimait-il éperdument, ou éprouvait-il sincèrement les passions ? Les avis restaient partagés. Peut-être le grand poète avait-il besoin de dire pour ressentir, et de la rencontre d’un stylo avec d’une feuille de papier pour atteindre l’heure de la sensation vraie ? Beau comme la rencontre…, y avait-il assez rêvé ? Les daltoniens se confient au jugement des autres pour séparer le rouge du vert, Castille semblait à certaines heures affligé d’un daltonisme des passions; distinguant mal l’amour de la haine ou la joie de la douleur, il lui fallait s’en remettre assez souvent à sa femme, ou à son Parti, ou au témoignage de ses propres écrits. Chanter pour se donner courage ou contenance, vocaliser l’amour pour l’inoculer à l’autre et à soi-même, c’était peut-être la clé de son bizarre réalisme.

Continue reading

« Older posts

© 2017 cagibi.com

Theme by Anders NorenUp ↑