De cette « pelote agglutinée » présente au fond d’elle-même au début de son journal, Etty Hillesum en déroule le fil sur quelques mois d’une vie intense, jusqu’au fil de fer barbelé du camp de Westerbork qu’elle quitte le 7 septembre 1943 pour voyager nul part, la Pologne.
Les lignes d’Une vie bouleversée raconte l’intime, la construction de soi : une libération, une conquête d’autonomie dans ses rapports familiaux et amoureux ; décidément la vie est belle même dans cette ultime contradiction qu’est la déportation. Les mots sont alors prière faite à Dieu (à soi ?), les mots racontent comment la souffrance et la mort sont du côté de la vie. Etty raconte une vie intime, pensant naïvement raconter l’histoire de sa vie, elle est recroquevillée, concentrée et porte le monde en elle, elle est dans la distance qui permet de mieux voir, dans l’infiniment petit, au bord de l’abîme, dans le ciel et la terre…

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